Cameroun : mutisme de l’opposition face aux enjeux de société

Opposition sans proposition au Cameroun

Entre absence de meetings politiques et de révélations tonitruantes auxquelles nous avaient habitués les formations politiques de l’opposition, on est en droit de s’interroger sur le pourquoi d’une telle donne. Mais à y voir plus clair, on se rend rapidement compte que le paysage politique camerounais est simplement rythmé par les échéances politiques qui, servant littéralement de rampe de lancement, permettent à de nombreuses formations politiques d’exister. (LIRE AUSSI : Cameroun : Cyrille Sam Mbaka serait-il l’homme providentiel de l’opposition ?).




A preuve, le clair de celles-ci a été mis en branle à l’orée des échéances politiques ou à défaut à la sortie de celles-là. Un postulat qui a dès lors favorisé de regroupements plutôt identitaires et tous intéressés par la manne financière mobilisée par le pouvoir en faveur des acteurs politiques. Sinon, comment comprendre que la dislocation  de bon nombre de ces mêmes formations ne soit que tributaire des questions d’argent ou pire de succession au sommet ? Passons, il est toutefois de notoriété que la survie de toute formation politique est adossée sur sa capacité de propositions en vue d’apporter des réponses probantes aux légitimes revendications des populations.

Opposition par embuscade

Et si au Cameroun cela paraît plutôt difficile du fait du cloisonnement de la sphère sociopolitique, il reste tout de même constant que nos acteurs politiques brillent généralement par des discours essentiellement circonstanciels et sans véritable assise politique elle-même adossée sur quelque fond dogmatique comme cela devrait être. (LIRE AUSSI : Messanga Nyamding : « Il y a une bourgeoisie emmerdante au Cameroun »).




Dès lors, on nous sert volontiers des colmatages à défaut de transpositions inadaptées, preuve de ce qu’on ne prend pas véritablement le temps de penser des programmes idoines pour les populations camerounaises qu’on sait par ailleurs pouvoir embarquer à la petite semelle. Avec un tel postulat, on comprend aisément que cette même opposition subisse le désamour des populations désabusées d’n coté par de nombreuses promesses non tenues et de l’autre par des suggestions chimériques.

Amalgame

A l’évidence, bon nombre de nos formations politiques continuent d’assimiler leur activité à quelque tremplin pour bénéficier d’un certain strapontin à défaut de position privilégiée. Ce qui justifie par ailleurs qu’on y dénombre une foultitude d’opportunistes opérant en véritables transhumants au gré de leurs intérêts. Une réalité indubitable sur laquelle se sera fondé le pouvoir au moment de torpiller certaines formations de l’opposition devenues par trop menaçantes pour le leadership du parti présidentiel.




Que cela ait été favorisé par ailleurs par la corruption de nos leaders politiques vient simplement confirmer leur plus grande tare : le manque de conviction dogmatique sur laquelle ils doivent pourtant adosser leur déploiement.et quand par extraordinaire une formation politique en dispose, elle s’en tient plutôt à transposer au Cameroun ce que des formations apparentées implémentent ailleurs. D’où le déphasage criard et pire l’inadéquation des professions de foi qui tiennent généralement lieu de programmes d’avec les aspirations légitimes de l’électorat auquel sont pourtant soumises lesdites formations politiques.

Déficits pluriels

Fort de ce qui précède, il devient évident que l’opposition camerounaise ne peut assouvir son dessein : accéder à la magistrature suprême et au pire contrôler l’échiquier sociopolitique national. Car, sans socle philosophique clairement défini et sans logistique pour atteindre ses publics-cibles, elle se confine à un rôle de nicheuse et pire à celui de faire-valoir. Un statut que se refuse pourtant à admettre l’opposition, question de flouer davantage l’opinion et surtout le lectorat lui-même dénué de culture démocratique, eu égard à un très long copinage avec le parti unique.




Mis ensemble, tous ces déficits contribuent inéluctablement à concéder au parti au pouvoir le rôle de déclencheur de l’activité sociopolitique camerounaise, n’en déplaise aux sceptiques et autres idéalistes. Ainsi va le Cameroun est-on en droit de dire au final, car aux tergiversations d’une opposition en mal d’initiatives politiques viables et à la propension d’un parti au pouvoir qui se démène à restaurer le parti unique. (LIRE AUSSI : Paul Biya et Elisabeth II : 3 choses qui lient ces 2 acteurs politiques).

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