Cameroun : excellente colère d’une rentrée scolaire incertaine

Rentrée scolaire au Cameroun

Si l’expression consacrée est excellence scolaire, pour la rentrée 2022/2023 on s’accommodera volontiers de celle largement partagée par les ménages, parents d’élèves et enseignants qui y voient plutôt une rentrée difficile à bien d’égards. On peut citer comme difficultés le non-assouvissement des revendications minima des enseignants toujours sur le pied de guerre. (LIRE AUSSI : Formation professionnelle au Cameroun : le CFPE fait sa rentrée).




Ainsi que la morosité financière réelle des ménages face à la tendance inflationniste des marchés assortie de tensions de trésorerie dans les recours traditionnels en pareille circonstance ; durcissement des conditions d’accès aux crédits scolaires dans les banques et renchérissement des taux dans les réseaux d’usuriers, et l’incapacité du gouvernement à asseoir effectivement la gratuité des manuels scolaires essentiels.

Une rentrée scolaire business

Toutes situations qui viennent ainsi attester de ce qu’en univers camerounais, on peine toujours à inscrire la rentrée scolaire en évènement certes cyclique mais qui se prépare dès l’entame de la scolarité précédente. Or, dans une sorte de tie-break généralisé, tout le monde semble attendre la dernière minute ne serait-ce qu’à en juger par la fréquence plus élevée des messages publicitaires des établissements scolaires et instituts universitaires sur tous les supports de communication de masse existant dans notre environnement médiatique.




Dans la foulée, élites intérieures et extérieures font feu de tout bois alors que l’arrière-pays continue de croupir sous des infrastructures d’accueil insuffisantes ou pire inexistantes que ces élites auraient mieux fait de financer que de se bomber le torse à travers des dons de plusieurs millions de francs sans effet excellent aucun, puisque les rimés sont connus d’avance. Ainsi va le climat des préparatifs de la prochaine rentrée scolaire au Cameroun, avec ses colères, des angoisses, ses abandons de responsabilités. Et la menace des mouvements syndicaux ne sont pas là pour arranger les choses.

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