ONIES : débat de cupides autour du décret du Président Paul Biya

ONIES Chantiers du Chan, stades de football

Le chef de l’Etat a procédé le 17 août 2022 à la signature du décret portant création, organisation et fonctionnement de l’Office National des Infrastructures et Equipements Sportifs (ONIES).  Les Camerounais devront désormais s’habituer à ce nouveau paradigme du landernau sportif camerounais. Un acte de la plus haute autorité du pays qui laisse glisser l’idée selon laquelle l’ordonnateur de ce décret, lequel, continue d’ailleurs de faire couler beaucoup d’encre et de salive, porte à cœur tout ce qui relève du patrimoine national. Le stade de Japoma, situé dans le 3e arrondissement de la ville de Douala en étant un. (LIRE AUSSI : Lengue Malapa : « Douala 1er est agressée par Douala 2ème et 5ème »).




Si pour d’aucuns ce décret présidentiel participe uniquement de la magnanimité, de l’exclusivité et de la volonté de Paul Biya à œuvrer pour le développement, il y a que d’autres ont vite fait de faire le lien avec les récentes publications de certains acteurs de la société civiles et hommes politiques à l’instar de Vincent de Paul YEDE (Conseiller Municipal à la Mairie de Douala 3e) dans les réseaux sociaux montrant le stade de Japoma et ses environs enveloppés par une broussaille immonde. L’intérieur de cette infrastructure sportive brille par une vétusté incroyable et indescriptible. (LIRE AUSSI : Le Coq Sportif viré du Cameroun, les médias français s’attaquent à Samuel Eto’o).

Un décret relativement apprécié

Des images qui ont provoqué une pluie de critiques acerbes. Sur le banc des accusés le gouvernement de Yaoundé qui attend toujours de voir le courroux des populations pour sortir de ce que d’aucuns qualifient depuis des lustres de silence légendaire. Argument rejeté par les thuriféraires du parti au pouvoir. Un jeu de ping-pong qui a agité l’espace cybernétique jusqu’à la publication du décret présidentiel du 17 Aout 2022 portant création de l’ONIES. Pour Vincent de Paul YEDE, il était grand temps que le président de la République prenne cette décision. Ce d’autant plus que le pays a fait de grands sacrifices pour obtenir toutes ces infrastructures.




Il est donc de bon aloi de les entretenir et de les garder jalousement. L’homme politique ne manque pas d’évoquer la particularité du Cameroun à travers sa population qui sait bien agiter le boisseau quand il faut critiquer le gouvernement. Voilà qui l’amène à se rappeler qu’on a toujours fait le reproche à ceux qui dirigent le pays Vert-Rouge-Jaune de ne pas être capable d’entretenir les édifices publics. Le conseiller Municipal indique par conséquent que cet office arrive à point nommé. Maintenant on peut s’amuser à questionner l’efficacité de l’Office National des Infrastructures et Equipements Sportifs (ONIES).

La création de l’ONIES ouvre les vannes des supputations

Dans une attitude modeste qui laisse transparaitre de la circonspection, l’élu local dans la commune d’arrondissement de Douala 3e, donne tout simplement une suite à une des multiples attentes et plaintes des populations. Il y a de quoi se réjouir aujourd’hui de ce que le chef de l’état ait compris le cri de ses compatriotes. Vincent de Paul YEDE ne s’empêche pas d’émettre quelques réserves quant à l’idée qui amènerait à faire croire que Paul BIYA a été ému par cette publication qui a fait bouger la toile et aurait ipso facto décidé de commettre ce décret du 17 août 2022 portant création de l’ONIES. (LIRE AUSSI : Cameroun : infrastructures et équipements sportifs : le Président Paul Biya crée l’ONIES).




L’homme admet toutefois qu’il a touché du doigt cette triste réalité alors qu’il est sur les lieux. Le constat est clair à première vue : délabrement du stade ; suivi de son envahissement par de hautes herbes. A peine avait-on du mal à reconnaitre cette infrastructure sportive qui a, il y a moins d’un an a accueilli les équipes nationales de football pour la Coupe d’Afrique des Nations. Un pari tenu par le pays de Roger Milla et de Samuel Eto’o Fils. Ce qui lui a d’ailleurs valu une palme d’or dans ce sens. Apres ce constat le conseiller Municipal s’est offusqué de cet état de chose ; et a tout de suite tire’ la sonnette d’alarme afin que les décideurs réagissent immédiatement. Aujourd’hui il ne peut que se gargariser de la prompte réaction du premier sportif camerounais.

Les Collectivités Territoriales Décentralisées phagocytés ?

Il poursuit en signalant qu’il a la satisfaction d’avoir contribué un tant soit peu à l’accélération du dossier lequel, selon Vincent de Paul YEDE existait déjà dans les tiroirs. C’est son traitement qui avait peut-être trainé. Renchérit l’homme politique. D’entrée, l’élu de Douala 3e fait observer qu’il y aura une certaine bureaucratie qui va s’installer. Il rappelle par ailleurs que cet office aura besoin du personnel ; que ce soit au niveau de l’office central même ou alors de ses différents démembrements. Et il va s’en dire que cela va exiger des frais de fonctionnement qui ne contribueront en rien à l’aménagement des infrastructures ou édifices. Et pour le cas d’espèce, le complexe sportif de Japoma.




Au-delà de cela il va falloir débloquer les moyens pour que le travail soit effectivement fait sur le terrain. On peut donc penser que l’Etat reste dans la logique d’hypercentralisation et du contrôle absolu de tout à partir de Yaoundé. L’invité de « ÇA PRESSE » chute en disant qu’il se serait attendu ; tout au moins à ce que cela soit géré au niveau des régions ou alors au niveau des mairies de la ville. Ou même des communes pourquoi pas. Parce qu’à en croire ce militant du PCRN, le décret de 2019 sur les Collectivités Territoriales Décentralisées prévoit justement que l’aménagement des espaces verts soit de la compétence des CTD.

En conclusion

Ainsi, on pouvait permettre soit à la Mairie de la Ville, soit à la commune qui héberge cette infrastructure sportive à savoir la commune d’arrondissement de Douala 3e, cela éviterait a la CTD l’éloignement du centre de décision. Et plus important encore, cela éviterait toute la bureaucratie qui précède l’action même sur le terrain. Et à la fin le coût serait moindre. A la suite de cette démonstration, Vincent de Paul YEDE conclut qu’on risque d’alourdir et le fonctionnement et les différentes charges y relatives.

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