Dialogue national du Tchad : les mécontents posent des conditions

Mahamat Déby Dialogue national

Au regard de ce qui se passe depuis quelques jours au Tchad à l’aune du dialogue national inclusif et souverain, tout porte à croire que le spectre de la crise politique qui plane toujours dans ce pays de l’Afrique subsaharienne depuis la disparition du Marechal Idriss Deby Itno est loin de se dissiper. Les participants du dialogue national inclusif et souverain sont au four et au moulin. Ils examinent depuis le 25 Aout 2022 le règlement intérieur. Une condition sine qua non qui précède la mise en place du présidium. (LIRE AUSSI : BVMAC : souscription mitigée des opérateurs camerounais, centrafricains et tchadiens).




Dès l’entame des travaux une bonne fourchette de participants a exigé la suspension de la séance aux fins de tabler sur la participation de l’opposition aux institutions de transition. Faudrait-il l’indiquer cette opposition boycotte ces assises. Pour ménager la chèvre et le chou ce, du fait de l’importance que revêt le dialogue national inclusif et souverain, et peut-être une voie par laquelle le Tchad sortira de l’impasse sociopolitique à laquelle il est enlisé depuis un an, un groupe de sages a entamé des pourparlers avec les mécontents à savoir : le collectif des actions citoyennes, Wakit Tama, le Groupe d’appel du 1er juin, les partis politiques au rang desquels Les Transformateurs.

Dialogue pour tous

Les Démocrates, Une Action pour tous . S’agissant  dudit groupe de sages, il convient de souligner qu’il est  constitué des ainés, à l’instar de l’ex président Goukouni Weddeye, habitué à jouer les médiateurs notamment auprès des rebelles. On y retrouve également l’archevêque de N’Djamena, Monseigneur Edmond Djitangar, des chefs des communautés musulmanes et protestantes, entre autres. Toutes ces composantes mises ensemble ont pour seul objectif : trouver un point d’entente avec le gouvernement pour permettre la participation de ceux qu’on qualifie d’opposants au Dialogue. (LIRE AUSSI : Mali : nouveau coup d’État contre le régime du Colonel Assimi Goïta déjoué).




Ce groupe d’opposants ne se gardent pas de faire étalage de leurs conditions. Pour lui, il faut suspendre les travaux, revoir les quotas et la qualité des délégués, définir la liste de ceux qui auront ou non droit de vote. Il met aussi un point d’honneur sur la question de l’inéligibilité des dirigeants de la transition qui doit être actée maintenant et non pendant le dialogue, soutient-t-il. Suivant la démarche de ces mécontents,  la réussite du dialogue national inclusif et souverain passe par l’acceptation de ces conditions par le gouvernement. Auquel cas, le Tchad continuera de sombrer dans les profondeurs abyssales de l’instabilité sociopolitique au détriment d’une population déjà dans l’impasse et ne sachant plus à quel saint se vouer.

Incertitudes

La vie est un calvaire pour les hommes et enfants qui ne demandent qu’à vivre dans un environnement paisible et où il fait bon vivre ; avec un système gouvernant qui autorise l’égalité de chances, etc…  La cohésion sociale n’est plus une réalité quotidienne, le gouvernement de transition n’est pas en totale odeur de sainteté avec sa population. Voilà qui peut expliquer les frustrations du peuple, plongé dans l’incertitude depuis plus d’un an. Et du coup la question sur l’avenir du gouvernement de transition  à l’issue du dialogue national inclusif, se pose avec acuité aussi bien dans les chaumières tchadiennes, que dans d’autres sphères qui animent la société tchadienne.




On s’amuserait aussi à interroger les réelles intentions politiques de l’actuel gouvernement de transition qui semble aphone ; tout aussi énigmatique sur la question et laisse par ailleurs les observateurs avertis à lire dans un marc de café. On ne saurait toutefois se prévaloir de la capacité de prédire ce qui adviendra  si ce n’est d’attendre les résolutions du dialogue national inclusif et souverain. Signalons à toutes fins utiles que les organisateurs proposent la mise en place de quatre organes pour le dialogue national inclusif et souverain, dont une  assemblée plénière, un présidium de 21 membres et des commissions par thèmes, tels que la forme de l’Etat ou les droits et libertés.

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