Immoralité : quand la « Sextape » devient un effet de mode

Sextape sur smartphone

Par Ibra sandio

La sextape prend de la valeur dans nos vies. Les avis s’affrontent sur le sujet. La morale aura-t-elle foutu le camp dans la région de l’Adamaoua ? Cette question mérite d’être posée au regard de la recrudescence de la perversité dans cette partie du pays.

« Je travaille dans le chef-lieu du département du Mberé. Ma compagne, elle, travaille à Tignere chef-lieu du département du Faro et Deo. Etant donné qu’on ne se voit pas régulièrement, les vidéos érotiques nous permettent d’être plus proches intimement ». Ce témoignage cassant est celui de Moussa Isidore (nom d’emprunt) qui tente d’expliquer l’impossible dans les années 80. Le jeune comptable de 38 ans habitant dans la ville de Meiganga ajoute à son témoignage que cela est très régulier.




Si faire une « Sextape » avec sa compagne est une manière d’avoir une intimité à distance, pour Moussa Isidore, l’objectif principal est de « pimenter son couple ». Comme lui, ils sont de plus en plus nombreux qui se donnent à cœur joie aux vidéo amateurs, érotiques ou pornographiques destinées à un usage privé. La « Sextape » est devenue un véritable effet de mode au point que certains couples en font une base de leur relation. Ce qui tourne au drame depuis quelques temps. Popularisée par des stars américaines, la « Sextape » fait désormais partie intégrante du quotidien. C’est même  devenu une habitude pour les couples vivant loin l’un de l’autre.

Le drame derrière la sextape 

Ceux qui filment leurs ébats sexuels avancent de nombreuses raisons. « Moi je le fais par curiosité. Au début, mon mec ne voulait pas entendre parler de ça, mais il a fini par accepter. Que c’est fou de nous voir en train de faire l’amour ! Cela nous permet de nous perfectionner, car on regarde ensemble là où chacun n’a pas assuré », raconte Samira. « C’est encore mieux de se regarder soi-même que de regarder un film X », enchaîne Martial, commerçant dans les rues de Ngaoundéré. « Ça pimente les relations et les change. C’est encore plus excitant de voir des images de soi-même en train de faire l’amour, explique Barnabé étudiant en master de sociologie à l’Université de Ngaoundéré.  D’ailleurs, cela permet également d’augmenter l’adrénaline et en finir avec la routine. »




Toutefois, la « Sextape » a des conséquences. Elle peut détruire en une fraction de seconde la vie de son auteur. Sadia Ousmanou, raconte sa mésaventure, elle qui dit désormais se méfier des smartphones et des réseaux sociaux. Il y a quelques mois en effet, son « chéri » a demandé qu’ils fassent une « Sextape » avant de rejoindre son poste dans la capitale politique, Yaoundé, « histoire de la regarder chaque soir avant de dormir ». A cause de la distance, Sadia a voulu rompre. « Sans autre forme de procès, il a publié notre ébat sexuel, en prenant le soin de masquer son visage, raconte-t-elle. J’ai vécu un véritable drame ! Je n’en revenais pas ! Aujourd’hui, même pour tout l’or du monde, je n’accepterai pas de reproduire pareil scénario. »

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