Stations-services : des dangers latents pour les populations du Cameroun

Pompe à essence Stations-services

Avec la libération du secteur d’activité des stations-services, on assiste à une prolifération de ces stockages de carburant partout dans nos villes sans aucune observance de distanciation conséquente de sécurité avec les domiciles des citoyens. Et le pire, elles intègrent des espaces de consommation où l’on retrouve au même endroit fumeurs, braiseuses de poissons, vendeurs de portables, consommateurs d’alcool, voire petites entreprises de soudure. Suffisant pour en faire des haut-lieux accidentogènes.




Réputées commercialiser des produits inflammables, les stations-services sont de plus en plus implantées aux abords des zones à forte densité de populations alors même qu’elles devraient en être éloignées, à défaut d’observer une large zone de sécurité. Mais qu’importe, dira-t-on, puisqu’il s’agit pour elles de bénéficier d’un fort taux de chalands, question de tirer amplement profit du fort taux de substitution des produits traditionnels qu’elles offrent et de se démarquer ainsi dans un secteur fortement concurrentiel sans véritable marge bénéficiaire, les prix étant homologués.

 Le drame de Nsam reste pourtant frais

Du coup, la différenciation se fait au design et surtout à leur capacité de captiver une clientèle difficilement fidelisable, quitte pour ce faire à braver tous les dangers. Pourtant, le drame de Nsam reste frais dans les mémoires et devrait ainsi avoir donné des leçons de prévention aux promoteurs des nouvelles stations situées à proximité des lieux de loisirs et autres points chauds de consommation d’alcool ou de ce qui en tient lieu, tant il est constant que la consommation de ce produit draine également des fumeurs qui ne s’embarrassent point de s’adonner à leur addiction.




Dans cette veine, on comprend que ce type de stations-services constitue un danger latent aussi bien pour les consommateurs d’alcool qui en font le lieu de leur beuverie mais également des riverains, eu égard au caractère extrêmement inflammable des produits hydrocarbures qui y sont stockés en quantité. Si en son temps le drame de Nsam avait fait office de jurisprudence en incitant la prise de décision interdisant aux stations-services de disposer d’un espace marchand pour produits alcoolisés, depuis quelques années, cette mesure est battue en brèche au regard de ce qu’on observe aujourd’hui.

Quid de la réglementation des stations-services ?

Pire encore, les stations-services poussent littéralement comme des champignons au point d’intégrer les zones d’habitation à forte densité des populations. On le comprend, l’exiguïté de ce marché où l’implantation géographique se veut déterminante ne concède guère aux nouveaux arrivants de trouver des zones attractives commercialement parlant. Aussi, essaie-t-on maladroitement de s’en donner en acquérant des espaces au bord de la route, quitte pour ce faire à déguerpir des résidences familiales, en recherchant bien évidemment des zones où l’acquisition foncière est la moins onéreuse.




A ce propos, outre les drames que vécurent certaines familles de Yaoundé – qui durent déplacer les restes mortuaires des leurs pour concéder à un marketer l’implantation d’une station-service – sont révélatrices de cette macabre tendance, amplifiée par l’extension de nos cités urbaines où les promoteurs peinent par ailleurs à s’implanter au motif de grossir, à défaut de disposer de chalands sûrs. Assouvissant ainsi leur dessein, ces promoteurs oublient cependant le danger qu’ils font malheureusement courir à leurs bailleurs et voisins quand bien même les stations-service se doivent de disposer du matériel de lutte adéquat pour parer contre les incendies.

Endy Pascale Ngueng

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Alain Soppo

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