Sommet UEAC en prélude au sommet CEMAC

CEMAC. En abritant récemment un conseil des Ministres de l’Union Economique de l’Afrique Centrale (UEAC) en prélude au prochain Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat de la CEMAC après une série de rencontres virtuelles, le Cameroun et ses pairs sous régionaux ont passé en revue leurs économies respectives afin d’impacter celles-ci d’une dynamique résiliente et repousser les affres de la crise sanitaire qui perdure ainsi que les crises sécuritaires itératives qui les minent.




Plutôt mal embarquée économiquement, l’Afrique Centrale ne baisse pas pour autant les bras. Elle recherche des voies et moyens pour s’en sortir et surtout faire bloc commun afin de surmonter ses difficultés tout en se mettant littéralement en ordre de bataille pour un plus grand rayonnement économique et social de sa sous-région dans la Paix et la Sécurité. Deux maximes certes indissociables mais qu’il urge d’entretenir et d’alimenter au travers des réformes structurelles courageuses et pleines d’emphase, car il s’agit pour elle non seulement de résorber la sempiternelle problématique du chômage de ses jeunes et la récession mondiale de 3,3% qu’elle subit de plein fouet.

Aussi, se penchant sur ces problèmes, ses ministres en charge de l’économie ont-ils entrepris littéralement de déterminer leurs difficultés économiques respectives afin d’y remédier. Certes, la solution toute trouvée serait d’examiner avec pragmatisme et détermination les mesures idoines pour une rapide sortie de la crise et une relance de la croissance économique de manière forte, durable et inclusive ; mais encore, faudrait-il élaborer des approches les y autorisant, surtout que ses pays membres traversent des degrés de dysfonctionnements plutôt exécrables  de leurs finances publiques mises à mal par les crises multiformes. Suffisant dès lors pour accélérer la mise en œuvre réussie des réformes envisagées d’accord parties car : «on est plus fort ensemble».

Se départir de la tutelle financière de Bretton Woods

Jusque-là sous perfusion permanente du Fonds Monétaire International, les objectifs de transformation structurelle de ses économies doivent être au cœur de leurs préoccupations. D’abord assurer une riposte adéquate à la pandémie du COVID 19 et ensuite reconstituer leurs économies, sur les modèles appropriés, résilients et porteurs de croissance et d’emplois. Car, quand bien même le premier volet tenant de la maîtrise à ce stade de la pandémie grâce à des efforts ayant produit des résultats dans cette sous-région, il reste qu’il faut accélérer ses réformes structurelles en vue d’une consolidation budgétaire basée sur l’élargissement de l’assiette fiscale et sur l’amélioration de la qualité de la dépense publique.




Dans la même veine cependant, desservie qu’est cette sous-région, autant par la baisse de ses ressources financières du fait de la régression du cours du pétrole qui y constituait jusqu’à très récemment l’essentiel des ressources budgétaires de ses membres, elle est davantage encline à s’adosser sur cette institution de Bretton Woods pour tempérer les tensions itératives de trésorerie que connaissent ceux-ci. Or, il urge pour ces derniers de rompre ce cordon ombilical en essayant de voguer par elle-même.

Ce qui exige d’elle, outre l’élaboration de programmes socioéconomiques adéquats une plus grande diversification des économies respectives de ses membres. Un pas que peinent malheureusement à effectuer ceux-ci, parce que réduits en la cession de leurs ressources naturelles. Or, en l’absence de plus-value pour lesdites ressources ces pays membres parviennent uniquement à bénéficier des recettes marginales qui ne leur permettent pas toujours de sortir du cercle vicieux de l’endettement qui en compromet au passage la capacité d’autofinancement.

Diversification partenariale CEMAC

Plus grave, pour la plupart, les membres de la CEMAC ploient sous le joug de la clause de la nation la plus favorisée au travers des accords tacites qu’ils ont passés au début de leurs indépendances. Accords devenus iniques et désuets pour l’essentiel alors que l’actualité leur impose de faire jouer à fond la mondialisation des échanges pour espérer gagner davantage en termes de recettes d’exportation.




Et quand bien même la fusion des deux marchés financiers de la sous-région, ainsi que l’organisation d’une table ronde pour la mobilisation des financements en faveur des projets intégrateurs sont venus quelque peu diluer cet état de fait, il reste que la croissance globale de ses membres est en deçà de ce qu’elle devait être pour impulser l’émergence socioéconomique à laquelle aspirent tous ces membres. Aussi est-il urgent pour cette sous-région d’expurger les manquements relevés ici et d’entreprendre une profonde mutation économique plus résiliente et suffisamment porteuse de croissance pour gagner à la fois le pari de l’intégration réussie et affirmer son dynamisme. En somme, il s’agit de reconstituer rapidement toutes ces économies, sur des modèles appropriés, résilients et porteurs de croissance et d’emplois.

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Alain Soppo

reporter

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