George Floyd manifestations

L’effet George Floyd se précise. Avec les Gilets jaunes la France a parlé au Cameroun, l’Amérique aussi est en train de parler au Camerounais à travers les prises de décision de Donald Trump et le silence des ONG. Tous ces donneurs de leçons sont sûrement devant leur télé en train de regarder sans mot dire, le Président américain « massacrer » son peuple. Ces ONG et hommes politiques camerounais donneurs de leçons sur la gestion des crises dans un Etat, savent très bien que pour sauver la cohésion nationale, le respect d’une armée, la primauté des institutions sur le citoyen et le respect des lois et codes de la république, surtout son pouvoir, le Léviathan est obligé parfois de montrer son côté animal et glacial, presque inhumain, pour le bien de la Nation.

Sans toutefois cautionner les violences enregistrées au Cameroun sur des populations qui parfois manifestent à mains nues et sans esprit de vandaliser quoi que ce soit. Comme c’est le cas ces jours aux Etats-Unis, comme cela a été des mois durant en France avec les Gilets jaunes ou à Hong-Kong avec les mouchoirs blancs, il est important de ressortir pour la compréhension de certains qui ont vite fait, au nom d’une certaine liberté libertinant qui leur est vendue par des politiciens véreux et égoïstes, de se laisser manipuler, pauvres victimes de promesses fallacieuses et irréalisables. Ce qu’ils oublient, c’est que tout homme politique est avant tout vendeur d’illusions politiques et sociétales. Si très peu sont des visionnaires qui vendent l’espoir autour de choses qui arrivent avec le temps, beaucoup dans la stratosphère politique de toutes les nations du monde sont des prestidigitateurs.

Ce sont des commerçants.

Ces derniers sont de vrais bons-bons pasteurs habiles à évangéliser une foule dont le rêve commercialisé, aidés en cela par la propagande politique et le jeu sur les frustrations accumulées depuis des années, comme un paradis, pousse parfois à un état de transe. Tenez, toutes leurs activités tournent autour de l’argent, des avoirs matériels et des facilités qu’octroie la visibilité politique. Les Africains comprennent-ils ce qui se passe au pays des Droits de l’homme et du rêve américain ? Avec la bénédiction de Donald Trump, la police brutalise, violente, humilie, percutent en voiture de police les manifestants pacifiques. Les militaires tirent, blessent et tuent. Comme avec Macron au temps des Gilets jaunes, aucune ONG pour dire à Trump être en train de massacrer son peuple. Pourtant il fait pire que ce qu’on reproche souvent aux chefs d’Etats Africains.

Des hélicoptères de guerre au ciel, des balles qui perforent la chair. La répression est brutale. Le prix de la pacification des villes est celui du sang et de nouveaux meurtres d’hommes en tenue. Tout ceci après une injustice à visages multiples qui dure depuis plus de 400 ans à visage découvert. Pire qu’en Afrique et au Cameroun. Ce faisant, il y aura toujours un esclave des champs pour vanter une telle nation à un Africain, pour lui dire comment « ailleurs » de telles choses ne peuvent pas arriver. Il vous parlera du respect des droits des casseurs, de ceux des insurgés contre l’injustice comme une réalité face à l’économie, la sauvegarde de son pouvoir. Apprenons que rien n’est nouveau sur la terre. Dans les mêmes conditions, les politiciens agissent de la même manière face aux manifestants qui ambitionnent prendre le dessus sur eux.

Les manifestants demandent la démission de Trump.  

Et en ce qui concerne la moralité de l’humain, face au manque, à la pauvreté, à l’exclusion, les pauvres sont égaux. On a vu les Américains de toutes les races aux USA, piller des magasins, des pharmacies, des supermarchés, à la rechercher de quoi manger, de quoi se vêtir et de quoi se soigner. Comme cela s’est vu en France avec Gilets jaunes ou en Afrique des fois. Le paradis n’est pas ailleurs, mais sous nos pieds. Sans rancune comme dirait quelqu’un(e). L’effet Floyd se précise. « Les voyous », envoie Trump aux manifestants. Tout semble dire que nous sommes au jour 6 du début d’un chaos lent et programmé aux USA. La manifestation contre le meurtre sur la personne de George Floyd change de cible et de slogan. « No more Donald Trump »/Ne pas réélire Donald Trump. Président des États-Unis a répondu aux manifestants à mains nues par la violence, la brutalité et un langage suprématiste de « Domination ».

Il a par exemple demandé d’un ton ferme et méprisant aux gouverneurs des États fédérés de « Dominer les manifestants » dans les rues, sinon il enverrait « l’armée des États-Unis », après la Garde nationale, « pour pacifier » les villes « à leur place ». Le faisant, il est terré dans un bunker souterrain de la Maison blanche comme un rat apeuré. Il ne va pas à la rencontre des manifestants comme ses conseillers savent demander aux présidents africains de faire. Il ne reçoit pas quelques manifestants pour apaiser la colère non plus. Encore plus ne dit-il pas mot sur les 3 autres policiers complices de Derek Chauvin dans l’assassinat de George Floyd, comme ils savent bien indiquer aux chefs d’Etat africains dans de pareils cas.

Floyd est-il mort au Paradis ?

De qui se moque-t-on avec ces droits que personne ne respecte dans le monde occidental et dont la transgression aveugle les ONG donneuses de leçons aux Gouvernements Africains ? Que fait-il au contraire ? Il fait des clins d’œil dans une église à son électorat composé de suprématistes blancs et de chefs d’entreprises. Il hausse le ton. Trump parle plus fort que tous, il fait des menaces et rappelle être « le chef des armées des États-Unis ». Deux fois révoltés, les manifestants jurent à présent ne pas quitter la rue avant les élections qui auront lieu dans 6 mois. Ils exigent dorénavant sa démission. Les Gilets jaunes ont fait plus d’1 an dans les villes et rues de France. Ils y seraient encore si le Coronavirus n’avait fait son apparition. Moins chanceux que Macron, Trump déjà englué dans une crise sanitaire qu’on lui reproche de mal gérer, devra en plus réparer les dégâts d’un raciste américain d’origine française qui a tué un noir américain avec 3 de ses complices policiers et dont les faits embrase l’Amérique. La France, Les Etats-Unis. Tout un symbole ! On dirait que les mangues sont en train de mûrir pour toutes ces démocraties de mensonges, du paraître, d’arrogants et du vernis qui craquelle. Sûrement que le vent souffle sur le derrière de la poule. Au seul coq de la terre d’attendre voir ses fesses.

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Simon Ngaka

Journaliste, Écrivain et analyste géopolitique

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