Energie : le Cameroun a bonifié en 10 ans sa production énergétique

Techniciens camerounais sur lréseau électrique du pays

Le Cameroun fonctionne avec 3 réseaux pour sa production d’énergie (lire la 1ère partie) : le Réseau interconnecté Nord (RIN) qui couvre les 3 régions septentionales, avec pour principal producteur d’énergie le barrage de Lagdo sur la Bénoué, dans la région du Nord au Sud de Garoua. Un barrage construit de 1977 à 1982 par des Camerounais avec une contribution d’ingénieurs chinois ; le Réseau Interconnecté Est (RIE) qui couvre la région de l’Est et le Réseau Interconnecté Sud (RIS) qui couvre les régions du Nord-Ouest, le Sud-Ouest, l’Ouest, le Littoral, le Sud et le Centre.

Dans le RIS, Lom Pangar est un barrage ayant pour vocation de réguler le cours d’eau de la Sanaga, un barrage de remblai avec une partie barrage de poids avec ses 46 m de hauteur, ses 1278 m de longueur, d’une attitude de 647 m, d’une superficie de 540 000 ha pour 6000 millions de m3, équipées de 4 turbines pour une puissance installée de 30 MW. Dans une interview, Eric Mansuy, Directeur général de Eneo, la société concessionnaire du service public de production et distribution de l’électricité au Cameroun déclarait que « Le barrage réservoir de Lom Pangar qui a été mis en service en septembre 2015 est d’un grand secours, car il permet à la centrale de Songloulou de produire à pleine capacité avec un débit moyen de 1050 m3/s du fleuve Sanaga … Quant à la centrale d’Edéa … On note tout de même le relèvement du niveau de production de la centrale qui est passé d’une moyenne de 150 à 210 mégawatts en période d’étiage. En synthèse, l’arrivée de Lom Pangar a permis d’améliorer la production dans les centrales de Songloulou et Edéa, et de façon marginale de réaliser des économies de production thermique ».

Une offre en énergie augmentée de 550 MW

Toujours dans le RIS, Le barrage hydroélectrique de Mekin dans le Dja et Lobo, dans la région du Sud du pays est aussi un barrage de type poids ayant pour vocation la régularisation de cours d’eau avec à son bord 2 turbines. Il déverse sur le RIS 15 MW de puissance avec 33 km de ligne de transport. Le barrage hydroélectrique de Mem’evele situé à Nyambizam sur le fleuve Ntem, à 300 km de Yaoundé, la Capitale camerounaise, injectera à la fin quant à lui 211 MW au RIS. Le 14 avril 2019 a été la date de mise en service partielle de ce barrage, à travers un raccordement temporaire entre la ligne haute tension Memve’ele 225 KV et la ligne 90 KV de EDC (PRERETD) au niveau de Minlamizibi par Ngoulemakong. Une jonction provisoire qui permet aujourd’hui de disposer des premiers MW injectés dans le RIS. Au 14 août 2019, 45 MW d’énergie électrique étaient disponibles. Et, depuis le 15 août, ce sont 65 MW d’énergie qui sont injectés sur le RIS par jour. Sa mise en service définitive pour le 31 décembre 2020.

Le Cameroun a augmenté l’offre énergétique d’environ 550 MW entre 2011 et 2018 passant d’une puissance de 900 MW à 1442 MW, selon le Menee. Ceci dû en partie grâce à la construction des ouvrages énergétiques. Il s’agit de : le programme thermique d’urgence constitué des centrales thermiques d’Ahala (60 MW), de Mbalmayo (10 MW), d’Ebolowa (10 MW), et de Bamenda (20MW) ; la centrale thermique à gaz de Kribi (216 MW) ; le barrage hydroélectrique de Lom Pangar avec son réservoir de 6 milliards m3 d’eau; l’aménagement hydroélectrique de Memve’ele (211 MW) et l’aménagement hydroélectrique de Mekin (15 MW).

Espoir avec la Sonatrel ?

Le taux d’accès à l’électricité des populations a aussi augmenté avec le raccordement de plus 400 000 abonnés supplémentaires. Le nombre d’abonnés est passé de 800 000 au début du septennat, à 1 200 000 à la fin du septennat passé, soit une augmentation de 50 %. Selon les mêmes sources, des chantiers en cours devraient permettre à l’horizon de 2020 à plus de 60% de la population d’accéder à la l’énergie électrique. Il faut noter qu’en 8 ans, donc depuis 2012, les populations n’ont connu qu’une seule augmentation du tarif de l’électricité.

On espère vivement que la qualité de l’offre ira en s’améliorant avec l’arrivée de la Société national de transport de l’électricité (Sonatrel) qui a été chargée de la mission de transport jusqu’ici gérée par l’entreprise privée ENEO (Energie du Cameroun) depuis la renationalisation de ce secteur en avril 2018. Les pertes de transport sont estimées à 40 % en 2018, le réseau basse et moyenne tensions est vieillissant et saturé. Sa vétusté entraîne des pertes élevées : au total 30 % de l’électricité produite. Les vols d’électricité représentent jusqu’à 48 % des raccordements dans certains quartiers. Du pain sur la planche de cette nouvelle entreprise d’Etat.

Simon Ngaka

Journaliste, Écrivain et analyste géopolitique

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