L’option de la réduction des missions à l'étranger activée par John Ngute

Dion Ngute et des missions à étranger

Réduction des missions à l’étranger ? Engagé dans une procédure de promotion de la pertinence de la dépense publique, l’Etat voudrait y adosser l’impératif de réduire la déperdition de fonds qui passe notamment par des frais de missions exorbitants parfois sans commune mesure avec les retombées de celles-ci.

C’est en ce sens que le Premier ministre a pris une circulaire récemment à l’effet de soumettre désormais les missions et les frais y afférents à l’autorisation préalable de la présidence de la République ou du Premier Ministre dans les voyages des PCA, DG et administrateurs des entités publiques. Une mesure qui vient à point nommé, quand on sait que ces différents responsables y avaient adossé le financement sibyllin de leurs vacances et parfois de certains de leurs caprices participant de quelque matérialisation de leur appartenance à une strate sociale supérieure.

Toutes choses qui participaient conséquemment de dérives préjudiciables pour la rationalisation de la dépense publique, tant il est vrai par ailleurs que ces missions s’effectuaient sans autorisation préalable des autorités de tutelle. Du coup, la circulaire du premier ministre revêt de forts relents de mise en garde contre d’éventuels contrevenants aux nouvelles dispositions ainsi édictées, tant il est constant qu’elles appellent à plus de responsabilité des dirigeants de ces entités publiques. Les présidents et membres des conseils d’administration, administrateurs, directeurs généraux et directeurs généraux adjoints qui en sont les principaux destinataires. En effet, «les dépenses inhérentes aux missions à l’étranger ont une forte incidence sur le budget des entreprises (…) alors que celles-ci sont régulièrement confrontées à des tensions de trésorerie».

Nouvelle approche des missions

Dans cette veine, et selon les instructions du chef de l’État Paul Biya, lesdites missions sont désormais assujetties au respect scrupuleux des directives édictées fort à propos par le Premier ministre et tenant de ce que les déplacements en avion pour les personnalités citées plus haut, s’effectueront en classe affaires. Ces hauts responsables doivent renoncer à leur habituelle première classe.

Ainsi, leurs demandes d’autorisation de sortie sont soumises à l’approbation préalable. Pour les entités dépendant de la présidence de la république, elles seront transmises par les PCA, au ministre, secrétaire général de la présidence de la République. Enfin, pour les autres entreprises, les demandes de sortie doivent être transmises par les PCA au ministre de tutelle technique. Tout cela en vue de leur présentation à l’approbation préalable du Premier Ministre. La circulaire exige par ailleurs à tous, de choisir l’itinéraire le plus direct et le moins coûteux. Cette mesure gouvernementale s’inscrit dans le prolongement de la réduction du train de vie de l’État, qui elle-même s’inscrit dans la mouvance de la rationalisation de la dépense publique en vue de diluer les récurrentes tensions de trésorerie grevant malheureusement l’exécution optimale des budgets affectés à ces organisations et structures publiques. Toutefois, arrivant quelque peu sur le tard, on pourrait émettre des réserves quant à leur efficacité, quand on sait que les habitudes ont la peau dure au sein de nos administrations peu enclines à s’arrimer aux enjeux de l’heure.

Retombées attendues

Même si la circulaire afférente aux nouvelles dispositions devant désormais régir les missions des hautes responsables des structures étatiques ou de ce qui en tient lieu à l’étranger, ne semble pas avoir adjoint les sanctions encourues par les contrevenants, il y a tout de même lieu d’y voir quelque avancée dans l’optique d’une meilleure dévolution du budget qui leur est consacré et, partant dans l’amélioration ne serait-ce que substantielle du niveau de réalisation de celui-ci. Toutes choses qui devraient conséquemment avoir des incidences bénéfiques à plus d’un titre, dans les performances globales de notre pays au plan macroéconomique. Or, il s’agit là d’un préalable en ce qui concerne la mise en œuvre réussie de notre plan d’émergence qui, à brève échéance, devrait tirer vers le haut, aussi bien les conditions que la qualité de vie des populations camerounaises dans leur ensemble. Et c’est en cela qu’on devrait y voir davantage l’expression affirmée du gouvernement à œuvrer au mieux pour se donner les conditions favorables pour remplir ses missions régaliennes, quand bien même la mouvance actuelle serait plutôt desservie par une récession économique.

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Simon Ngaka

Journaliste, Écrivain et analyste géopolitique

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